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Interpellation citoyenne, qui sera présentée le 20 octobre 2022 au conseil communal d'Uccle.

Dernière mise à jour : 20 oct. 2022



Note préliminaire :


Monsieur le bourgmestre, Mesdames et Messieurs les échevins, Mesdames et Messieurs les conseillers,

pour la clarté de notre intervention, nous tenons à vous préciser qu’elle est composée de trois volets.

1. Un retour sur la genèse du plan « Good Move », et sur son caractère que nous jugeons illégitime.

2. Les projets ucclois qui en découlent et dont nous avons connaissance, ainsi que les conséquences de leurs mises en œuvre au sein de notre commune. Nous estimons dès lors que la commune d’Uccle doit se désolidariser de ce plan, et développer son propre plan, après une large consultation de la population.

3. Les questions auxquelles, nous l’espérons, ce conseil communal voudra bien nous répondre.

Très cordialement,

Les 21 signataires repris en fin du présent document.


1. Retour sur la genèse du plan « Good Move »

Depuis les dernières élections régionales, la majorité qui s’est formée a décidé de mettre en place un plan de mobilité, le plan injustement nommé « Good Move ».

Ce plan, qui remet en cause l’ensemble de la mobilité bruxelloise en impactant lourdement le quotidien des citoyens, n’a, d’après nous, aucune légitimité.

Pourquoi ?

Pour légitimer la métamorphose de Bruxelles dans le cadre du plan GOOD MOVE, Bruxelles-mobilité justifie ses choix en se fondant essentiellement sur les résultats d’une enquête publique menée entre le 17 juin et le 17 octobre 2019 .


Cette enquête, traduisant selon Bruxelles-Mobilité les souhaits de la population bruxelloise, serait donc la justification ultime de toutes les décisions et changements dans les conditions de circulation et de mobilité, que connait Bruxelles depuis plusieurs mois.


Pour en avoir le cœur net sur la validité de cette enquête, l’ASBL Mauto Défense a fait appel à des experts universitaires dans le domaine des sondages, et leur ont soumis le rapport d’enquête publié par Bruxelles-Mobilité (qui malgré nos demandes n’a jamais jugé utile de nous transmettre les données brutes de cette enquête).

En définitive, d’après nous, Good Move n’est ni le résultat d’un sondage, ni même d’une enquête, et n’est pas représentative de l’opinion de la population bruxelloise.


Cette enquête est une enquête publique obligatoire en application de l’ordonnance du 18 mars 2004 relative à l'évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l'environnement, et de l'ordonnance du 26 juillet 2013.


Contrairement à ce qu’on entend parfois dans la presse ou même au cabinet de la ministre de la mobilité, cette enquête – dans sa partie questionnaire – n’est pas un sondage.

Stricto sensu, ce n’est même pas une enquête.

Ici pas de questionnaire administré à un échantillon de la population cible, mais un questionnaire mis en ligne sur un site, pour qui veut bien prendre l’initiative d’y répondre. Donc pas d’échantillonnage.

Dès lors, il ne s’agit pas d’un sondage qui aurait exigé une sélection a priori par tirage au sort (choix aléatoire des répondants), ni d’un échantillon représentatif dans la population bruxelloise, échantillon qui aurait été contacté et ensuite interrogé. Or, seul un vrai sondage aurait pu être représentatif de la population bruxelloise.


Alors qui a répondu ?


N’importe qui pouvait y répondre encore eut-il fallut qu’il soit au courant de l’enquête. Pourtant, comme le montre plusieurs enquêtes sérieuses (dont celles de Mauto Défense), plus de 80% des Bruxellois n’étaient pas au courant de cette enquête Good Move. Et ce ne sont pas les quelques avis officiels et formels mais « confidentiels », affichés par les communes, qui suffisent à mobiliser la population.

Ce sont des milieux tels ceux des adeptes d’Ecolo et de Groen, ou du Gracq et des autres ASBL largement subsidiées par la région, qui ont été mis à contribution pour répondre.

De nombreux indices dans les résultats de « l’enquête » Good Move le montre. Par exemple une sur-représentation très significative des personnes de 25 à 45 ans et une sous-représentation surprenante des citoyens de 55 ans et plus.

Une partie importante des Bruxellois a donc clairement été négligée.


Une enquête superficielle et fragmentaire


La partie de l’enquête publique destinée au grand public (12 questions) a recueilli les réponses à 8473 questionnaires, majoritairement complétés par des citoyens, selon la ministre.

Or, dans ces 8473 questionnaires, 194 (2,3%) ont été complétés par des « entités » ou personnes morales.

Une curiosité apparaît dès lors dans les résultats : peu de critères socio-démographiques ont été récoltés (âge, langue, lieu de résidence, sexe - partiellement et sur le tard-), toutefois dans la distribution des âges, des personnes morales ont été comptabilisées.

Comment peut-on déterminer l’âge d’une personne morale et le mettre sur le même pied que celui d’un citoyen ? Ce mystère décrédibilise encore plus l’enquête !

Il ne faut pas s’étonner dès lors de constater son rejet par une large majorité de la population.

Jette, Evere, Schaerbeek, Woluwé-Saint-Lambert et Saint-Josse l’ont déjà largement critiquée, voire carrément remis en question sur le terrain pour Anderlecht et Molenbeek.


Sans entrer plus dans le détail, nous pourrions encore vous parler du caractère particulièrement ambigu des questions posées, de l’oubli total des problématiques liées aux personnes à mobilité réduite, de l’orientation très anti-voitures de l’enquête, ou de l’absence d’un vote du parlement bruxellois sur la question…


Le temps consacré à cette interpellation nous étant compté, nous tenons à votre disposition la version complète de notre étude sur cette question.


En conclusion, nous estimons que le plan Good Move n’a aucune légitimité populaire, et doit donc être purement et simplement annulé par la région bruxelloise.


Nous demandons donc au conseil un moratoire immédiat sur son application à Uccle.


2. De l’application du plan Good Move sur le territoire ucclois.


Outre ce qui précède, et qui devrait mettre un frein immédiat à la mise en place de toutes mesures découlant de Good Move, les citoyens que nous représentons aujourd’hui, tiennent à faire part au conseil communal des points suivants :


A. Les chantiers réalisés sur les voies régionales suivantes nous posent problème :


1. Chaussée d’Alsemberg : La rénovation de la chaussée d’Alsemberg entre le Globe et l’avenue Coghen par la STIB, avec l’accord de Bruxelles Mobilité et de la Commune a pour résultat la situation que nous connaissons aujourd’hui. À savoir, une suppression d’un grand nombre de stationnements, la suppression des trottoirs surélevés et le placement de bacs à fleurs empêchant même le chargement/déchargement. Le résultat, après d’interminables travaux, est la fermeture d’un nombre impressionnant de commerces et une circulation chaotique.

On nous répondra à nouveau qu’une enquête a été diligentée auprès des riverains, mais quid des autres citoyens qui utilisent régulièrement cette chaussée ? Comment peut-on valider un projet avec une enquête qui n’a enregistré que 181 réponses, et qui n’avait même pas été annoncée sur le site de la commune ?

De notre côté, nous avons fait un sondage rapide sur Facebook en son temps, sur le principe du plain-pied. Nous avons recensé 441 votants (soit 260 de plus que BM) ! Le résultat obtenu est sans appel : 92% des répondants étaient contre…


Ce résultat conforte celui de l’enquête publique de 2019 sur la demande de permis d’urbanisme pour la rénovation de la chaussée d’Alsemberg. En effet, ce n’est pas l’extension de la zone de plain-pied qui avait émergé, mais bien une demande massive de plusieurs centaines de personnes et de très nombreux commerçants de revoir le projet pour qu’il y ait moins de suppression de places de parking. Par ailleurs, le parking souterrain d’abord promis place Vanderelst, a été purement et simplement oublié !

Force est de constater que l’on a « omis » d’organiser une consultation sur un projet alternatif qui aurait maintenu beaucoup plus de places de parking.


2. Avenue Churchill : Ici pas de consultation ni des riverains, ni des autres Ucclois.

Et pire : suite à un entretien récent avec l’échevin de la mobilité uccloise, Monsieur Wijngaard, il semble que même la commune d’Uccle n’ait pas été consultée.

Et en finale, que constate-t-on ?

La région décide de supprimer une bande de circulation, de tracer une piste cyclable (hyper large, alors que la rue Vanderkindere, qui est une parallèle, est cyclable), et d’installer de nouveaux dispositifs ralentisseurs. La ministre de la mobilité parle ensuite de mettre l’avenue en régime 30km/h.



Ces deux exemples semblent montrer l’impuissance des autorités communales, face aux décisions prises par le pouvoir régional, en collaboration avec la toute-puissante STIB…


Pourtant, sauf erreur de notre part, la commune bénéficie d’un droit d’avis, qui, nous le supposons, aurait bien été utilisé dans le cas de la chaussée d’Alsemberg, mais pas à Churchill.


Nous nous posons donc la question de savoir en l’occurrence, si la commune d’Uccle a décidé de se laisser dicter sa conduite par la ministre de la mobilité et la STIB, et laisse s’ouvrir des chantiers sur son territoire sans réagir ?


B. Pour ce qui concerne les voiries communales :


1. Casse-vitesse :


Nous avons déjà dénoncé à de nombreuses reprises l’illégalité de la majorité des casse-vitesse, et autres plateaux surélevés, disposés par dizaines au sein de la commune.

Nous nous permettons de rappeler au conseil, que ces dispositifs doivent répondre aux prescriptions de la circulaire ministérielle du 31 mai 2002, que nous tenons bien sûr à votre disposition, au cas où elle aurait échappé à votre vigilance.

Ce manque de respect de la législation en vigueur a pourtant des conséquences fâcheuses sur les véhicules qui franchissent ces obstacles (bris d’amortisseurs, crevaisons, raclements, etc…), mais aussi sur les riverains (vibrations dans les habitations, nuisances sonores).

D’autre part, puisque la région bruxelloise a décidé d’imposer la vitesse de 30km/h d’une manière généralisée sur son territoire, nous nous posons la question de savoir si le bon sens ne demanderait pas de supprimer définitivement tous ces dispositifs, devenus de facto inutiles?


2. Place Saint-Job :


Plusieurs scenarii sont paraît-il envisagés pour un remodelage de la place Saint-Job. Les riverains, mais surtout les commerçants s’inquiètent de certains d’entre-eux, susceptibles de leur faire perdre de la clientèle, dans une période déjà rendue difficile par la crise de l’énergie, et après avoir connu celle des confinements. Nous demandons donc que rien ne soit décidé dans ce dossier, sans que tous aient pu s’exprimer sur chacune des solutions envisagées. Il est clair que le nombre d’emplacements de stationnements doit au moins rester identique à celui d’aujourd’hui. Nous demandons également au conseil d’être vigilant quant à la possibilité d’une intervention quelconque de la région dans ce projet, telle que celle que nous voyons place du Châtelain à Ixelles.


3. Le Bourdon :


Nous avons entendu qu’un projet d’aménagement de la chaussée de Saint-Job, située après le pont du chemin de fer dans le quartier du Bourdon allait être exécuté. Durant les travaux récents qui ont eu lieu dans cette portion avec fermeture de la rue, les embouteillages ont été très importants, car il s’agit d’un évitement du carrefour du Bourdon, très utilisé par les usagers. Nous demandons donc que quelles que soient les modifications apportées, la commune continue à autoriser l’accès aux véhicules dans cette portion.


4. Les Zones bleues :


Depuis l’instauration de zones bleues avenue du Wolvendael et avenue Fond’Roy, pour les automobilistes qui désirent se rendre au centre de Bruxelles en tram 92 (Fort Jaco) ou 97 (Dieweg), il n’est plus possible de stationner sa voiture plus de deux heures dans les environs. Si l’on veut encourager les automobilistes à utiliser les transports en commun, cela ne nous semble pas être un incitant judicieux pour le faire…


C. Le Bois de la Cambre :


Le dossier nous est bien connu, puisque l’ASBL Mauto Défense s’est jointe déjà deux fois aux actions en justice que la Commune d’Uccle a intenté à la Ville de Bruxelles.

Nous demandons à la commune de continuer à se battre contre la fermeture purement dogmatique du Bois, et d’exiger la réouverture (à double sens) entre l’avenue De Fré et la Drève de Lorraine. Et ceci pour faire respecter la décision de justice qui a contraint la Ville de Bruxelles à rouvrir la boucle Sud, décision que Bruxelles a transformé en une ouverture partielle entre la Drève de Lorraine et l’avenue du Brésil.

Cette dernière solution crée d’inextricables embouteillages Drève de Lorraine et Chaussée de La Hulpe, et reporte un trafic très important vers les quartiers résidentiels ucclois qui jouxtent le Bois, ainsi que sur la chaussée de Waterloo.


3. Les questions posées au conseil communal :


La commune d’Uccle s’engage-t-elle


1. À mettre le Plan Good Move de côté, et à élaborer son propre plan de circulation, en concertation avec TOUS les habitants, entre autres via la mise en ligne et la diffusion large d’une enquête sérieuse et professionnelle ?


2. À examiner en profondeur, et ensuite donner son avis de manière systématique, claire et publique sur les chantiers que la région compte entreprendre sur les voiries régionales qui traversent la commune, entre autres sur celui envisagé dans un futur proche, chaussée de Waterloo (types d’aménagements, suppression ou pas de places de parking, etc…), et à communiquer cet avis à la population ?


3. À poursuivre son action pour la réouverture complète de la boucle Sud du Bois de La Cambre, et d’agir pour faire appliquer de manière stricte les décisions de justices déjà rendues?


4. À ne pas mettre à l’enquête publique un aménagement de la place Saint-Job, qui n’aurait pas été préalablement plébiscité par une majorité d’habitants, avec une attention particulière pour l’avis des commerçants du quartier ?


5. Á réaliser un cadastre des dispositifs ralentisseurs non conformes aux prescriptions légales, et ensuite en assurer leur mise en conformité ou leur suppression pure et simple ?


6. Á continuer à autoriser le passage des automobiles et des motos dans la dernière portion de la chaussée de Saint-Job au Bourdon ?


7. Á proposer une solution pour le stationnement aux abords des terminus des trams 92 et 97, ou revoir l’implantation des zones bleues qui y sont d’application ?


Nous vous remercions pour votre attention.


Très cordialement,


Les 21 signataires.


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