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Réflexion sur la mobilité par  Raymond Berger, conseiller indépendant.










Ce texte est un condensé d'une étude au départ d'un article paru dans le magazine Touring, qui donnait les orientations d'un expert canadien en mobilité.


La mobilité ne va pas assez vite.


En matière de mobilité, il faut faire avancer les choses beaucoup plus vite. La mobilité à Bruxelles est catastrophique. Le transport public est de bonne qualité mais pourrait mieux faire, bien aidé.


Le projet du M3 est exemplaire et inadmissible, sauf but sous-jacent de ne pas le réaliser, au vu des lenteurs administratives et des récriminations des "riverains" avec un délai de mise en œuvre ahurissant car on parle maintenant de 2030 ! Et chaque année on va un an plus loin... En 2008, c'était pour 2016 et pour la place Meiser, les médias avaient évoqué 2012 et en 2020 on ne sait plus où nous en sommes !


Les médias et les groupes de pression vélocipédistes font cependant beaucoup d'efforts pour encourager l'image et l'usage du vélo mais c'est insuffisant sur le plan général et en plus, c'est imprégné pour une grande part de démagogie orientée politiquement écologiste.Le vélo, c'est bien mais son usage reste marginal, on le voit bien sur les vidéos de promotion du vélo, on voit un vélo passer juste en arrière-plan, mais le fond de l'image n'a pas de vélos.


Ce n'est évidemment pas le vélo ou la marche qui vont nous sauver du fameux réchauffement climatique. Il s'agit d'un enjeu global où tous les modes de transports sont à prendre en compte, sans discrimination. C'est une bonne chose de réaliser des pistes cyclables qui attirent les cyclistes, mais il ne faut tout de même pas oublier que c'est l'automobiliste qui paie, et il paie pour des suppressions de voies de circulation, des restrictions de vitesses, des obstructions, des détournements, des interdictions d'accès, des passages payants, et au final, partage la voirie avec des usagers qui ne suivent pas le code de la route, roulent gratuitement, écoutent de la musique avec un casque, et par dessus tout, ont encore raison quand ils sont en tort dans un accident comme  "usager faible".


L'encombrement des rues des de plus en plus important et l'arrivée des engins électriques ne va rien changer sur ce plan. Plus de deux roues, donc encore plus de pistes cyclables...

Par contre, plus de voitures, diminution de l'offre de voiries.

On peut dire qu'aucune nouvelle route n'a été tracée depuis 1980, hors dessertes de lotissements, et l'une ou l'autre réalisation ponctuelle comme le contournement de Couvin par exemple. Une carte routière de 1980 est encore parfaitement valable en 2020 pour la Belgique alors que le nombre de véhicules en circulation a augmenté de manière exponentielle. Et contrairement à l'idée reçue, il se construit des ouvrages routiers partout en Europe, et de grandes dimensions, à Stockholm, Prague, Rome, Strasbourg, il suffit de consulter "Google Maps".


Une grande idée pour limiter l'usage de la voiture en ville est le péage urbain et certaines villes qui font cela sont bien équipées en matière de transports publics, on a l'exemple de Londres et de Stockholm. A savoir que le péage à Londres ne fonctionne pas bien alors qu'il est une réussite à Stockholm.  Il faudrait évaluer le problème.

Il ressort de cette situation qu'il n'y a pas de méthode à appliquer en fonction d'une idéologie, mais qu'il faut remédier aux problèmes de manière pragmatique. Chaque déplacement privé est personnel, et certains veulent rester personnels, d'autres se confient au public. Certains aiment les modes "doux" et d'autres n'aiment pas trop, ou alors juste pour la promenade dominicale. On ne peut pas forcer. Il faut investir dans tous les modes en fonction de ce que les gens paient. On ne place pas dans la meilleure loge un spectateur qui a payé pour un siège devant la scène (ou, limite, qui ne paie pas). Au final, c'est à l'utilisateur de choisir son mode de transport, en fonction des avantages et inconvénients, et si le trajet en voiture prend deux heures et le trajet en train une demi-heure, le quidam prendra le train, d'autant mieux qu'il arrive à l'heure au travail, alors qu'en voiture, c’est « la galère". Le problème c'est qu'actuellement c'est le contraire....


Quand les routes ne serviront plus à rien, elles seront supprimées, mais il faut admettre que nous ne sommes pas dans cette situation, l'urbanisation continue, les lotissements se remplissent, et encore, on n'imagine pas les urbanisations ailleurs dans le monde, ici, on est encore dans le gérable !


L'approche en matière de transport public doit être dynamique, non électoraliste, et empreinte de volontarisme, avec des finalités dans le temps intéressantes. Il y a des choix à faire, on rend bien une voirie cyclable, pourquoi ne fait-on pas des rues «tramables" quand la voirie ne permet pas la séparation des modes?  Des tunnels pour métro, oui, mais on peut aussi proposer des tunnels pour tramways et dans le monde, même des bus empruntent les tunnels des trams. ( Il ne s'agit pas de tunnel de pré-métro, mais d'un tunnel pour trams comme à Vienne, Nice et Strasbourg depuis peu).


Toucher les gens au portefeuille pour qu'ils laissent leurs voitures au garage ne fonctionne que partiellement. Tant que l'usager préfère être dans sa voiture dans l'embouteillage, avec le bus, il se dira qu'il est mieux que dans le bus, avec un voisin qui sent le tabac, un autre qui lui fait écouter sa sono, (mais il faut dire aussi que certains passagers-gères peuvent avoir un aspect intéressant !).


En fin de compte, on peut estimer que celui qui arrivera en voiture en se faisant rire au nez suite au fait qu'il est régulièrement en retard face aux autres toujours bien à l'heure avec des trajets moins longs en tram bus ou vélo cessera d'utiliser sa voiture, en pensant aussi au prix que ça coute en taxes, amendes, réparations, carburant.  Malheureusement, c'est une situation invraisemblable, et donc, en fonction de ce que l'automobiliste paie, il faut s'en occuper aussi et lui procurer les services et facilités qu'il est en droit d'exiger et non le restreindre comme cela se fait actuellement.

 

Vous souhaitez lire l'article paru chez Touring, agrémenté des commentaires de l'auteur? C'est ici:

mobilité touring expert toderian
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